Diane de Valou


Enracinée dans les terres familiales, romantiques et sauvages des marches de Bourgogne, Diane de Valou incarne une élégance artistique, rebelle aux modes, empreinte d'intemporalité, fidèle à l'intuition commune de ceux qui se dédient au beau.

A 18 ans, tournant le dos à toutes les conventions, elle part seule pour New-York en quête d'émotions nouvelles, faites de rencontres avec le monde, d'une rencontre avec elle-même. Sa peinture s'y révèle totalement, irréversiblement.

De retour à Paris, elle intègre l'atelier Maryse Eloï et s'adonne à un apprentissage du dessin académique. Admise à l'école Camondo, Patrick Rubin qui y enseigne l'architecture d'intérieur, l'adresse à Andrée Putman qui la confirme dans sa voie vers la peinture.

Entrée aux beaux-arts de Paris, c'est sous l'œil bienveillant de d'Olivier Debré, son maître durant plusieurs années, que Diane de Valou découvre la liberté prise à l'égard de la forme existante, l'espace devient pour elle cet objet transitionnel, substitut de l'illusion plus qu'image du réel.

Imprégnée de la tradition académique, mais libérée de ses contraintes, à Venise nostalgique, Diane de Valou passe plusieurs hivers qui vont la marquer profondément.

La peinture à l'oeuf lui a permis d'atteindre la précision des miniatures, avant que la détrempe contribue à des flous qui détachent la silhouette du plan et l'emportent dans les lointains du rêve.

Le processus de la peinture, depuis Leonard de Vinci en particulier, passe par la lumière. L'encauste, technique antique, est la grande aventure dans laquelle se lance Diane de Valou pour entamer le voyage depuis les profondeurs. Un jeu de transparences multipliées par la superposition des couches rend aux cinq sens la matière mouvante entre eaux et nuages et la lumière des heures. Tour à tour, la sourde puissance des tonalités maçonne et vaporise le support.

De la sorte, la représentation nous transporte sur les lieux où l'artiste a d'abord croqué dans son carnet les modèles des futures peintures. On dirait tout simplement que le paysage s'est transporté tel quel sur le panneau. Une présence, vivante nature, tel est le fruit d'un effort pour capter l'insaisissable.

Aujourd'hui, dans son atelier Indien où Diane de Valou passe plusieurs mois de l'année, les pigments se répandent en feux d'artifice sur le papier et la toile. Diane de Valou fait aussi bien retraite en Bourgogne dans ses fresques à l'encauste qu'elle prend plaisir en Inde à nous revêtir de la splendeur d'un art qui nous rappelle l'arc-en-ciel de Noé, et l'écharpe d'Iris comme un triomphe de l'univers et de ses explosions créatives.

Diane de Valou nous offre l'essence du regard et du rêve, en dehors des sentiers et loin des dogmes.

Pascal Payen Appenzeler
Juillet 2012